Take Back the Knitting

Publié le par knit-patrol.over-blog.com

Parce qu'il faut bien commencer par le début, un premier article un peu inutile pour raconter (asseyez-vous, prenez un biscuit) comment je suis (re)venue au tricot, en un joli printemps fleuri (cuicui dans les prairies, brise dans les pâquerettes, amour dans les chaumières ...)

 

Tout a commencé avec Gary. Autant vous prévenir tout de suite, si vous avez l'intention de suivre ce blog (bon courage), vous allez abondamment entendre parler de 3 Gary différents.

 

Le premier, Gary Blackburn, est un personnage de l'un de mes romans, ivrogne invétéré et pessimiste averti, muse inconsciente à ses heures perdues, qui prend un malin plaisir à parasiter mon existence.

 

Le second, Gary Lightbody, est le chanteur/guitariste/auteur/compositeur/fondateur/maître Jedi (rayez la mention inutile) de mon groupe chéri favori à moi (du moins en ce moment, je suis une fan infidèle), Snow Patrol, que j'écoute à outrance à longueur de journée, y compris (et surtout) en tricotant. Et parce que ça fait plaisir, une petite photo du môôônsieur en question, avec moi en bonus cadeau (oui enfin cadeau ... c'est vite dit ... Vu la tronche de morte-vivante que je me suis trainé ce jour-là, because 49h sans dormir, 3h de train et une lutte sans merci contre le vent glacé du Jardin des Tuileries) :

 

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(oui, je sais, on est beaux. Mwahahahahaha)

 

Le troisième, enfin, est un petit mouton irlandais en peluche venu de Dublin par voie postale, expédié depuis l'île alcoolico-tréflesque par l'une de mes amies qui y a été exilée pendant près d'un an. C'est de ce dernier Gary dont il est question ici. Le voici :

 

gary.jpg

(il est trop mignon, hein ?)

 

Dès que j'ai reçu Gary (donc) le 16 avril dernier (vous voulez l'heure, aussi ?), je suis tombée éperdument amoureuse de lui (parfaitement), de sa bouille et de ses papattes noires, de ses gros yeux globuleux, de sa petite laine bouclée, de son trèfle tatoué sur la fesse gauche (monsieur est un rebelle) et surtout, surtout, de son écharpe en tricot rayé orange et vert, à l'image du drapeau irlandais. A cet instant, alors que Gary n'était pas encore Gary (sous-entendez qu'il n'avait pas encore de prénom), une idée volubile a commencé à germer dans mon esprit, stigmate d'une Saint Patrick plus que ratée l'année dernière (merci IUFM City et ses étudiants coincés) : l'envie subite, irrépressible et incompréhensible d'avoir la même écharpe. Seulement, allez trouver une écharpe rayée orange et verte dans une boutique française (auvergnate, qui plus est) ! Une seule solution : la tricoter by myself. Moi courageuse, moi pas peur, moi téméraire, moi prendre mon porte-feuille et dévaliser la boutique Singer pour réaliser mon projet idiot fou avec des pelotes en soldes. Conjointement naquit une idée complémentaire, me confectionner une parure complète d'apprentie alcoolique avec Tee-Shirt irlandais (réalisé grâce à la technique millénaire du transfert sur tissu) et mitaines irlandaises assorties à l'écharpe en question. Non que je sois vraiment une apprentie alcoolique (en réalité je ne raffole pas de l’alcool et je n’ai jamais pris de réelle cuite de ma vie, mais passons) ni une fervente de l’évangélisateur de l’Île Verte (ce serait même plutôt le contraire), il s’agit davantage d’une manœuvre de protestation contre la morosité de ma nouvelle vie (dit-elle en regardant alternativement ses veines et les couteaux de cuisine avec envie).

 

J'ai la chance d'avoir une tante magicienne des aiguilles qui a bien voulu compléter les bases incomplètes données par ma mère (dont les compétences s'arrêtent aux mailles endroit et envers, même si elle a pas mal tricoté dans sa jeunesse), puisque je n'avais pas tricoté depuis un bon millénaire (l'époque bénie où je tricotais des couvertures en point mousse pour mes dinosaures en peluche). Et puis, surprise, j’ai retrouvé, dans les tréfonds du puits sans fond et sans retour qu’est le placard familial (où coexistent avec bonheur vieux souvenirs, radiographies artistiques, fantômes, décorations périmées, lutins farceurs, matériel noëllien et autres joyeusetés) une jolie collection d’aiguilles à tricoter et un mètre de couturière, que j’ai précieusement rangés dans la travailleuse que ma grand-mère m’a donnée (et qui est pas mal blindée maintenant).

 

Et, ô surprise, ô extase, ô allégresse, en tricotant cette écharpe, je me suis découvert une véritable passion pour le tricot, à tel point qu'un seul jour sans toucher à mes aiguilles me plonge en état de manque (pfff j'étais déjà accro au café, à la musique et au nutella, j'avais bien besoin d'une nouvelle addiction ...), que je fourmille d'envies et de projets et que j'ai la folle aspiration de me mettre à confectionner des choses plus compliquées. D'où la création de ce blog ...

 

Une autre chose en passant (et après je vous fiche la paix, promis), la musique. Quel rapport avec le tricot, me demanderez-vous ? Tout simplement, il s’agit de mon moteur. La musique est indispensable dans ma vie et dans ma spiritualité, omniprésente, vitale, viscérale. Tricoter est un acte méditatif particulièrement intense, pendant lequel on répète inlassablement les mêmes gestes pour créer quelque chose, faire émerger un tout cohérent à partir de pelotes hétéroclites. La musique est aussi un acte de création, où l’on fait surgir une harmonie depuis des notes apparemment disparates. Comme tous mes travaux, mon tricot se fait donc en musique … Et comme j’écoute en immense majorité du pop-rock anglais et irlandais … la boucle est bouclée (et la maille rabattue) !

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